La Journée Annuelle des soins infirmiers en oncologie est le 2 avril 2013

Merci à tout le personnel infirmier qui aide les patients et leur famille dans leur lutte contre le cancer

Le cancer est une maladie chronique avec des phases aigües qui affecte les gens de tous âges avec lesquels le personnel infirmier peut intervenir au niveau de la prévention, la détection, le traitement, la réadaptation et les soins palliatifs.

L’Association canadienne des infirmières en oncologie a développé un site Web afin d’honorer ces professionnelles de la santé. Pour souligner leur travail, l’association a mis en relief des histoires proposées par des infirmières en oncologie à travers le Canada à propos de leurs expériences personnelles. Ci-dessous, vous pourrez lire à propos de trois infirmières qui ont participé au projet.

 

Viviane Amos

Je suis une infirmière pivot pour les patients atteints d’un cancer avancé du poumon et j’ai une histoire gratifiante et touchante à partager. L’automne dernier, j’ai fait la connaissance d’un jeune homme à la fin de la trentaine atteint d’un cancer du poumon de stade IV. Il était marié et père de deux jeunes enfants. Lorsqu’il accepta le traitement concomitant initial proposé par l’équipe d’oncologie, je collaborai avec eux pour gérer ses symptômes et ses effets secondaires. Pendant ce temps, son épouse se demandait comment elle arriverait à s’occuper de lui pendant des années. J’eus le défi de lui faire comprendre que nous parlions de mois et non d’années. Entretemps, son conjoint commença à réagir moins bien au traitement et nécessiter plus de soin et de soutien à domicile. Éventuellement, il eut accès à des soins palliatifs pour son optimiser confort. C’est alors qu’il me confia qu’il ne souhaitait plus vivre ainsi et qu’il était prêt à partir. C’était une situation vraiment difficile pour la famille qui n’était pas encore prête à entendre cette décision, mais qui éventuellement l’accepta.

Comme je m’apprêtais à le saluer à son chevet pour une dernière fois, il murmura à mon oreille un grand merci pour tout le soutien que je lui avais apporté ainsi qu’à sa famille. Dans mon rôle, je soutiens plusieurs patients et je les assiste dans cette transition dans le cadre des soins de fin de vie. C’est grâce à des expériences comme celle-ci que je constate combien je peux faire une différence dans les soins en oncologie.

 

Viviane Amos, IA, B.Sc.N, CHPCN(C)

Centre universitaire de santé McGill, Hôpital général de Montréal

Infirmière pivot en oncologie-cancer du poumon

 Nancy Lee Brown

Je suis une infirmière clinicienne spécialisée en oncologie psychosociale et j’ai une réussite mémorable à partager à propos d’une patiente hospitalisée. Un jour, j’entendis deux collègues parler d’une patiente de 56 ans atteinte d’une maladie métastatique; ils se demandaient si elle pourrait sortir comme elle était atteinte de neutropénie et possiblement suicidaire. Je décidai donc de la rencontrer pour faire un dépistage de dépression et faire une évaluation préventive du suicide. Elle semblait détendue, elle souriait régulièrement et elle maintenait un contact visuel. Elle se disait heureuse et bien soutenue par ses amis, sa famille et sa foi religieuse. Elle affirma, « Je ne regrette pas les choix que j’ai faits. J’ai eu une bonne vie. Je suis en paix. » Lorsque j’abordai la question du suicide, elle déclara, « Seul les mains de Dieu me feront quitter cette Terre. » Lorsque je lui demandai ce qu’elle souhaitait, elle répondit, « Tout ce que j’aimerais c’est sortir d’ici et faire quelque chose de normal ».

Je présentai mon évaluation aux médecins et notant qu’elle n’était pas dépressive ni suicidaire et en recommandant qu’elle puisse faire une sortie. Les médecins lui accordèrent une brève sortie et cette soirée lui permit d’aller voir un match de hockey avec son frère. Elle était comblée. Trois jours plus tard, elle décéda. À son chevet, son frère attristé décrivait les bons moments qu’ils avaient partagés lors de ce match de hockey et la gratitude qu’il avait ressentie. Cette histoire souligne l’importance et l’impact du rôle des infirmiers dans l’évaluation des patients et leurs recommandations.

 

Nancy Lee Brown, IA, MSc(A), CON(C)

Centre universitaire de santé McGill

Infirmière clinicienne spécialisée, Programme d’oncologie psychosociale

 

 Clémence Rheaume

« Monsieur D. », mon patient était atteint d’un cancer et me fut confié pour le contrôle de ses symptômes pendant 9 mois depuis mars 2011. Il était vu au moins une fois par mois et il téléphonait régulièrement concernant sa médication, ses symptômes ou tout simplement, pour être rassuré. Ceci lui permettait de rester à la maison et d’éviter les visites inutiles. À un certain moment, je demandai à une infirmière du CLSC de vérifier sa saturation en oxygène pour lui procurer de l’oxygène à domicile par la suite. Au cours d’une visite, nous avions discuté de la possibilité de vendre son chalet afin qu’il puisse s’installer à Montréal et être plus près de l’hôpital et des personnes qui s’occupaient de lui.

Au cours d’une autre visite, alors que la maladie progressait, il devint clair que nous devions lui trouver une place aux soins palliatifs à l’hôpital ou à l’extérieur, au moment opportun. Malheureusement, aucune place n’était disponible. Nous l’envoyions à l’urgence en informant l’équipe de consultation de l’aggravation de sa condition. Un peu plus tard, je vérifiai à nouveau la disponibilité des lits. Une place s’était libérée dans l’unité; il pouvait enfin être admis. Finalement, sa famille se rassembla près de lui et il décéda cette même journée. Les membres de sa famille exprimèrent leur profonde gratitude pour ces derniers moments privilégiés.

 

Clémence Rhéaume, IN, B.Sc., CHPCN(C)

Centre universitaire de santé McGill, Hôpital général de Montréal

Infirmière pivot à l’hôpital des soins palliatifs de jour